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Jardins délicieusement délirants, un peu, beaucoup, à la folie...

Conservatoire International des Parcs et Jardins et du Paysage

Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)

2012

21ᵉᵐᵉ
Festival International des jardins

"Jardins des délices, jardins des délires"

Les concepteurs des jardins de ce Festival 2012, ont libéré plus que jamais leur imaginaire, leur folie ou leur génie pour nous faire rêver et sourire d'inovations en découvertes. Chaque jardin apporte son lot de curiosités, de surprises, de clins d'œil, d'humour ou de délires...

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Voici donc mon regard sur ces jardins éphémères délirants ou délicieux, où les équipes paysagistes lauréates ont semé leur grain de folie.

Pour vous aider à décoder les délices et délires de ces jardins éphémères,
j'ai retranscrit les explications fournies par les festivaliers sur le panonceau à l'entrée de chaque jardin.

Vous pouvez bien sur faire un clic sur les photos pour les agrandir

°°°0°°°

1. Coulisse d'un festin

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Repère du festival :  Folie potagère, ivresse légumière, overdose sucrée : entrez dans le jardin de la fée, pour partager un moment de délice dans son potager magique ! Entre  ses mains, la simple fleur ornementale se fait délirante, la comestible devient extravagante, le légume rare bavard. Car il s’agit-là d’un univers pavé de plantes à contre emploi et de remises au goût du jour. Les légumes classiques affichent des dimensions folles, les variétés oubliées retrouvent de leur superbe.
A l’entrée, le tunnel végétal, tapissé de grimpantes (haricots et concombres, passiflore et chèvrefeuille) donne le ton. Le cœur fleuri de ce jardin est gardé par une fée en tablier ! Ici s’épanouit l’extravagance : artichauts et poireaux géants, citrouilles magiques, blettes et folles  calebasses, insoupçonnables poire de terre et céleri rave, le tout ombragé par d’invraisemblables choux palmiers. Grandeur et folie des sens s’expriment aussi dans les sucrés : melon gourmand, courge sucrine, amour en cage, fraisiers et groseilliers.
Folie des mélanges, déraison gourmande : derrière un mur de bocaux, multicolores et intrigants, se trouve la clé des alliances ! Confitures de capucines, gâteau de courges, chou à la coco, haricots en crinoline ne sont plus de pures folies ! Car ici vit l’arbre aux recettes. Décalées, oubliées, audacieuses, les compositions imaginées par des chefs passionnés sont suspendues dans le feuillage de ce roi végétal. Chacun peut s’en emparer, plagier, détourner, recopier ces idées, suivant ses propres délires et colportant en tous lieux la folie végétale sans limite !

2. Le jardin bleu d'Absolem

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Repère du festival :
 
« La chenille et Alice se considérèrent un instant en silence. Enfin, la chenille sorti le houka de sa bouche, et lui adressa la parole, d’une voix endormie et traînante. « Qui êtes-vous ? »*. 
S’il est un monde délirant, exubérant et halluciné, c’est sans nul doute c’est celui de Lewis Carroll. De l’autre côté du Miroir, c’est un univers où règne le non-sens, un pays peuplé d’étranges personnages… Et si nous suivions Alice, sur un chemin nébuleux, à travers la forêt enfumée ? Dans le gris bleuté quasi monochrome, parfumé d’un entêtant Eucalyptus Gunnii, est-ce la folie qui nous guette ? Où est-elle bien là, la fameuse chenille ? Fière, juchée sur son champignon, fumant ces idées sans queue ni tête qui nous contaminent jusqu’à la déraison.
Vaporeuse, caractérielle, mais aussi énigmatique et onirique, Absolem la piquante, navigue entre divagations et délires sémantiques. Entre rêve et réalité, l’étrange insecte à la morphologie éphémère trône en ce jardin. Et, pour qui passe de l’autre côté du miroir, l’envers de son décor de fils révèle la magique métamorphose…
*(Tiré de « Alice au Pays des Merveilles », Lewis Carroll, 1869)

3. Lèche-vitrine

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Repère du festival :  Un hymne à la tentation ! Ce jardin défierait-il les lois du désir et de la frustration ? L’abondance, la profusion, le luxe de l’excès : tout y attise notre convoitise. La parcelle, généreuse, offerte et flamboyante, regorge de fleurs, de plantes et de fruits tous plus séduisants les uns que les autres. Des délices, des milliers de délices, lumineux et rouges, symboles de désir et de la passion. Mais inaccessibles. Car l’abondance et le rêve se goûtent avec les yeux.
Un cadre métallique nous tient à distance du jardin. Des failles entaillent pourtant l’obstacle et l’on veut croire qu’elle permettraient d’approcher ce trésor de plus près… mais le bonheur reste inaccessible : les orifices, trop étroits, interdisent bel et bien l’accès. Et l’Eden tentateur demeure impénétrable.
Folie passagère, démence, psychose, si près du plaisir sans jamais l’atteindre… Et si le cadre se refermait sur le visiteur, pour l’emprisonner ; se révélant être une cage ?! Le principe est alors cruellement inversé : les délices tentateurs sont en pleine liberté, et c’est le spectateur qui est emprisonné ! La frustration multiplie le désir mais elle nous paralyse, comme le désir inassouvi colporté par ces mille vitrines et belles images qui peuplent notre quotidien.

4. Le potager

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Repère du festival :  Malgré les apparences, ceci n’est pas un potager. Entrer dans ce jardin, c’est d’abord se croire dans une cour au décor minéral. Des vapeurs d’eau émanent du sol, et l’on croirait marcher dans les tréfonds d’une marmite bouillonnante. Des demi-sphères, végétalisées, évoquent de grosses bulles éclatant à la surface de cette grande soupe. Menthe poivrée, menthe verte, menthe douce envahissent les espaces, et distillent leur parfum.
Achevant ce parcours, les narines étourdies et l’esprit aiguisé, le curieux se retourne pour un dernier coup d’œil… et c’est là qu’apparaît le secret du jardin ! Les jeux de perspectives, de formes et de matériaux dessinent un tableau complet. Le renversement est total pour ce jardin trompe-l’œil : une surprise extraordinaire !

4 bis. Liberté, Égalité, Fraternité

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Repère du festival :  « Une révolution, c’est une idée qui a trouvé ses baïonnettes » (Napoléon Bonaparte)
Après des années de soulèvements, la communauté des nains de jardin ne peut plus supporter son extermination. Arrachés à leur tranquille existence souterraine, marginalisés par la société horticole traditionnelle, dérobés par des fronts de libération mal inspirés et moqués par des jardiniers élitistes, ils engagent la révolte.

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Les nains de jardin mènent leur propre révolte, en quête de liberté, d’égalité et de fraternité.
Leurs revendications sont simples :

  • Tous les nains de jardin ont leur propre beauté
  • Tous les nains de jardin remplissent un rôle esthétique utile dans la société horticole
  • Tous les nains de jardin ont droit à la quiétude d’un logis souterrain
  • Les nains de jardin exigent la fin de leur soumission horticole contemporaine

« Hasta la victoria siempre! »

5. Un jardin psyché-délice

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Repère du festival : « Il était une fois, à l’aube d’un nouveau jour, dans un jardin paradisiaque, une enfant très sage qui s’appelait Olympe. Comme on venait de lui annoncer qu’elle allait rentrer dans les Ordres pour devenir religieuse, elle ne cessait de se répéter : « Oh, mon dieu ! Oh, mon dieu ! Je vais devoir y aller ! » Dévorée par la peur, elle s’enfonça dans le jardin. Après avoir parcouru des massifs de confitures, des parterres de sucres d’orges et des bosquets marbrés, notre héroïne finit par s’abriter dans une énorme et délicieuse pâtisserie. Elle s’y endormit aussitôt et rêva qu’elle était mangée de l’intérieur.
Les années passèrent… Olympe fût enfin réveillée par un rayon de soleil à son zénith. Sa faim de vivre avait grandi avec elle et elle n’était toujours pas décidée à se plier aux règles qu’on voulait lui imposer. Elle s’enfonça alors un peu plus loin dans le jardin où, dissimulée derrière des fougères géantes, elle découvrit une étrange île-flottante sur un océan de bulles. Des grappes de raisins tombaient des bananiers et les plantes se refermaient au moindre de ses effleurements. Sous un parasol démesuré se trouvait « une petite table à 3 pieds » sur laquelle l’attendait une coupe remplie d’un étrange élixir qui semblait dire « Bois moi », « Bois moi », « Bois moi »,… La jeune fille ne résista pas longtemps à la tentation. Enivrée par l’effluve odorant des fruits qui l’entouraient ou par le pétillant breuvage, elle s’allongea au creux d’un transat débordant d’une corne d’abondance et disparaissant dans un sol de verre. La jeune adolescente s’assoupit en quelques instants dans ce refrigerium et reprit son rêve là où elle l’avait laissé.
Olympe se réveilla alors que le soleil commençait à disparaître. Désormais elle n’avait plus peur de l’avenir, au contraire. Elle se sentait Femme et Libérée de tous les carcans du monde qu’elle avait quitté. Elle voulait « traverser la terre d’un bout à l’autre ! ». Poursuivant son chemin elle quitta l’île sautant de bouchon en bouchon. Elle atterrit dans une clairière délirante. Derrière un nuage de brume, une nymphe enracinée dans un miroir levait ses bras branchus d’où tombaient des pommes d’amour. Des digitales et des pavots dansaient autour de jeunes pieds de chanvre, tandis que des daturas fumaient de l’absinthe ! De sa main gauche, Olympe cueillit la pomme et croqua la vie qui s’offrait désormais à elle. En regardant le reflet de la lune à ses pieds l’Héroïne s’aperçut que le visage de la nymphe n’était autre que le sien !
Lorsque Olympe sortit de son délire, la lune était pleine. C’est alors qu’elle aperçut la sortie du jardin et s’y précipita, la tête dans … 
»

6. Le jardin bijou

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Repère du festival :
 
Le Festival a souhaité conserver ce jardin, créé en 2011 par la créatrice Loulou de la Falaise en souvenir de son charme, de son élégance et sa débordante imagination.
Ce Jardin Bijou est un jardin précieux, dans toutes les acceptions du mot : il est a la fois emprunt de luxe et sophistiqué, mais demeure aussi un jardin fragile et délicat. Le jardin, ses fleurs, ses fruits et les moments qu'on y passe sont inestimables.

Composé de plantes robustes et fleurissant jusqu'a l'automne, le « Jardin Bijou » a été conçu pour etre admiré : ses rayures rappellent celles d'un tissu bayadere. En son cour, le joyau repose sur un tapis végétal a l'aspect moiré mettant en valeur ses fleurs aux couleurs 'améthyste, de lapis lazuli, de perles et de corail.
C'est aussi un jardin ou l'on peut s'y attarder : assis sur des bancs aux branches tortueuses et enveloppantes, a écouter l'eau bruissante et scintillante de la fontaine et des ruisseaux étincelants.

7. Le jardin de la Belle au Bois Dormant

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Repère du festival :
 
Chargée de rêve et de merveilleux, l’histoire de la « Belle au Bois Dormant » est au cœur de ce jardin. « Thornrose » est le jardin des épineux délices. Flânant dans son château, la princesse guidée par sa curiosité, se pique au rouet de la sorcière. Ensorcelée, la belle plonge dans un sommeil millénaire, dont seul un amour sincère et véritable pourra la sauver.
Le beau et le sublime, le plaisir et la souffrance se côtoient dans ce récit où s’incarnent tour à tour l’effrayante folie d’une sorcière et la superbe sérénité de milliers de rêves.
Suivez la princesse en son jardin. La forêt, les graviers, l’arbre mort sont autant d’obstacles jalonnant votre quête. Un large mur de roses, vous ouvre le chemin, vers un monde merveilleux et tranchant, planté de végétaux fascinants et inquiétants.

8. D'un monde à l'autre

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Repère du festival :
  
L’ambivalence règne en ce jardin. L’inquiétant délire, obscur et fiévreux, laisse la place au pétillement d’un délice euphorique, avant d’ouvrir les portes du merveilleux. Initiatique, pour ainsi dire, ce triptyque joue avec les émotions. Les paysages vierges et pittoresques sont confrontés à la confusion d’une inquiétante végétation ; tout oppose le clair et l’obscur, les délires et délices. Le rêve côtoie le cauchemar.
Un chemin mène d’abord à la mélancolie sombre, au Monde du délire : l’obscurité enveloppante brouille les chemins dans un labyrinthe fait de caisses à vin en bois. L’humidité et la brume s’immiscent, insistantes, suscitant une impression inhospitalière, dans un univers dur et irrationnel.
Le second chemin nous guide ensuite au Jardin des délices, le monde des plaisirs. Végétation luxuriante, couleurs vives et parfum d’euphorie y peuplent la douceur des paysages.
C’est avec le Jardin des merveilles que l’on goûte enfin au repos et à la sérénité. L’eau rassérénante y tient une place centrale et tout invite à la contemplation. L’imagination continue alors son chemin, gardant ouvert l’esprit de l’Arcadie.

9. Locus genii, le génie est partout

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Repère du festival :
  
La beauté et l’harmonie d’un jardin puisent leur source dans la capacité de son concepteur à révéler l’essence intime qui s’y cache. C’est le Genius loci. Mais ne pourrait-on risquer l’audace de demander à ce génie s’il existe un endroit où il pourrait se déplacer librement, un lieu dans lequel il ne serait pas dérangé, un Locus genii ?
Cette idée extravagante est au cœur de ce jardin, inspiré par Aladin, un classique des Mille et une nuits. Prenez-vous donc pour Aladin et cédez au charme irrésistible de cette grotte. A l’intérieur s’épanouissent des arbres extraordinaires, dont les fruits sont des pierres précieuses. Etourdi par tant de beauté, vous suivez le chemin qui vous mène jusqu’à la lampe du génie protecteur, celui qui exaucera tous vos rêves. Mais là, quelle surprise : il n’y a pas une mais des dizaines de lampes magiques ! Car le génie, fatigué d’être confiné dans un espace étriqué, peut désormais passer d’une lampe à l’autre, dans un joyeux fracas de nuages et de brumes.
Dans quelle lampe se trouve le génie? Inutile de le dire : le génie est partout !

10. Toi et Moi, Une rencontre

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Repère du festival :
 
Le regard aigu d'un créateur à la fois extérieur et fasciné par le monde du jardin. De son imagination foisonnante naît un jardin féérique qui multiplie les jeux de couleurs et de matières pour mieux faire surgir la beauté et l'émotion.
Dès le seuil, trois lames s'élèvent habillées de noir brillant, tels les « totems des ancêtres » si chers aux temples shintoistes japonais. Manière d'obstruer le passage, mais aussi de capter notre attention et notre regard en ne laissant diffuser la lumière de l'intérieur qu'à travers quelques failles.
A l'intérieur, l'espace est noir et intime. Un chemin de bitume à l'étrange et voluptueuse matité contraste avec un désert de paillettes de mica aux reflets noirs. Ici et là apparaissent quelques rochers, tout aussi sombres qu'étincelants, des explosions de fleurs blanches, comme légèrement pixellisées de rouge, évoluant au fil de la saison. Plus loin, la chevelure intrigante d'une forêt d'ophiopogons au noir extrême se mêle à la blanche candeur de reines marguerites... et puis, qui semblent jaillir du sol volcanique, quatre arbres majestueux s'élèvent, gardiens de la passion habillés de rouge feu, bois rendus vivants sous le scalpel et les messages d'imaginaires amoureux.
Cachée au cour de ce lieu de mystère et de recueillement, une fontaine parfumée, masse étincelante et noire comme percée de blanc en son bassin, distille au gré des heures de la nuit et du jour ses notes envoûtantes, philtre d'humeur et d'amour créé par le parfumeur Francis Kurkdjian pour l'offrir aux « Toi » et aux « Moi », célébrer cette palpitation de la première rencontre, cette union sacrée de tous les sens.
Autour de ce miroir d'eau s'organisent quelques bancs dédiés à la contemplation et à la fraîcheur du sentir et du voir, protégés par l'ombre bienveillante d'écrans de bambous noirs ; enfin, pour celles ou ceux qui voudraient communier au plus près avec cette source merveilleuse, une clairière, creusée en contrebas du bassin, permet de venir effleurer l'eau magique, d'en caresser presque les délicates effluves...

11. En pâtisserie tout est permis

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Repère du festival :  La pâtisserie, comme l’art des jardins, respecte des codes, des principes. Un grain de folie, d’heureux incidents, muent pourtant les recettes et brisent les carcans. C’est alors la nouveauté, la surprise et le renouveau. La ganache, par exemple, est l’invention d’un commis pâtissier maladroit. La tarte tatin, elle, n’est-elle pas le fruit d’une expérience ? Dans l’aventure du goût, le végétal tient une place de choix. Sous les bons auspices du hasard, les nouvelles variétés ont révélé leurs trésors !
Pâtissiers se rêvant architectes, jardiniers chercheurs de saveurs : les uns fascinent les autres, et ces deux univers s’interpellent et s’inspirent. Souvenons-nous du délirant Antonin Carême ! Grand chef pâtissier, architecte des sucreries, dont les fulgurantes créations pâtissières furent immortalisées dans le « Pâtissier pittoresque », ouvrage qui passionne encore aujourd’hui architectes, paysagistes et cuisiniers !
Entrons donc dans le laboratoire du pâtissier jardinier, découvrons les saveurs, dans une exploration au service de l’audace gustative !

12. Le délire des sens

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Repère du festival :  Nos sens nous trompent, parfois. Nous croyons voir des objets qui n’existent pas. Le jardin est le lieu privilégié de ce jeu des perceptions. On y déambule avec lenteur, animé tout à la fois d’un sentiment d’étrangeté et de joie.
Le cheminement en ce jardin se fait par étapes, la découverte de chacune des parties doit être progressive. Tout commence par un tunnel, inquiétant dans son obscurité rougeoyante. Suivant la lumière qui en perce l’extrémité, notre instinct nous guide vers un espace ouvert et lumineux. Dès la sortie du tunnel, c’est une plongée dans un monde onirique : un rêve de bambou.

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Mais alors que les bancs invitent à la détente, des verres multicolores fascinent notre regard. Mobiles, ils se prêtent à de folles compositions. Une infinité d’images peut être composée, jouant du reflet de l’espace et des visiteurs. Créer des images, suivre son inspiration, jouer avec les formes et les couleurs : tout appelle l’inspiration. Mais bientôt, au vagabondage de l’imagination succède la concentration. Car sur le chemin vers la sortie, il faudra être vigilant : le passage sera parsemé d’embûches.

13. Cordon bleu

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Repère du festival :  Le jardin du jury ? Qu’est ce qui a poussé dans le feu de l’action les jurés de cette année. Des étoiles, celles qui brillent dans les yeux de son président, le chef Alain Passard, lorsqu’il évoque son jardin des délires délicieux, un éden de fleurs et de saveurs mêlées, bruissant de vie, de surprises et d’émotions. Le jardin est parti de là, de ces fils invisibles qui guident le geste du cuisinier vers une partition de saveurs. Ils sont à Chaumont des cordons bleu sur lesquels dansent  comme autant de breloques tous les ustensiles qui nous ont donné un jour, l’envie de passer aux fourneaux. Tous relient la main, celle offerte par l’arbre de la parcelle à une assiette géante, une jardinière de légumes « Arlequin » posée entre eau et terre, dans laquelle poussent les ingrédients de cette recette d’été. Feuilles, racines et fleurs multicolores s’y s’épanouissent avec générosité pour titiller les sens des visiteurs. Tandis que les cucurbitacées s’enroulent jour après jour autour de ces liens qui font la grande cuisine délicieuse et délirante, aussi.

14. Orange mécanique

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Repère du festival :
  
Ce jardin serait-il celui des Hespérides, où l’arbre aux pommes d’or est gardé par un dragon ? Les fruits précieux y seraient devenus des oranges… Planté d’orangers, l’espace exalte la fine odeur de ces fruits convoités. Mais le regard a beau les chercher, impossible de déceler les touches fruitées sur les branches stériles.
Une peau d’orange déroulée, de couleur vive, plus artificielle que naturelle, vous guide en immersion dans le jardin... dans l’antre-même de l’orange ! Pressez-vous à l’intérieur, fiez-vous aux parfums délicieux de la fleur d’oranger et à la couleur de l’orange qui vous colle à la peau. Savourer une orange bien juteuse dans ce jardin serait un vrai délice, mais ici, en cette saison, cela serait un pur délire !
Ce jardin planté d’orangers qui ne produisent pas de fruits est un contre-pied à la culture intensive de l’orange, l’un des fruits les plus consommés au monde. Sa culture en est devenue délirante, dans certains pays. Alors en ce jardin, prenez le temps de vous mettre dans la peau de l’orange : trouvez un lieu de repos, d’échange et de réflexion liée au “fruit d’or”...

15. Paradis terrestre

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Repère du festival :
 
« Mag Mell », c’est un paradis, une île légendaire qui se trouverait à l’ouest de l’Irlande, ou un royaume englouti dans l’océan. Ici sont réunis tous les plaisirs. Ici le bonheur dure toujours, nulle ne manque de pain ou de vin. « Mag Mell », c’est un peu l’Elysée de la mythologie grecque ou le Valhalla Nordique.
Inspiré de l’univers de Bosch, des jungles du Douanier Rousseau, habité de la nature mystique irlandaise, ce jardin est une réflexion sur le paradis perdu, un espace onirique enveloppant et intrigant. A l’intérieur, un chemin de bois qui vous mène jusqu’au centre. De-ci, de-là, de petits morceaux de Paradis jalonnent votre parcours : extraordinaires fontaines, fascinants fruits-lampadaires, délicieux  arbres magiques. Ces structures métalliques aux étonnantes formes courbes et végétales vous accompagnent.
A l’intérieur, un microclimat vous enveloppe. La végétation entoure une fontaine surplombée d’un arc-en-ciel éternel. Feuillage luxuriant, fruits généreux, fraîcheur réconfortante, tout est auréolé d’une lumière bienveillante et résonne des chants de la nature. Observez cet Eden, entrez : vous faite partie de ce Paradis.

16. Le jardin des renards rouges

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Repère du festival :  Ambivalent, énigmatique, à la fois inquiétant et tout à fait sympathique, le renard rode dans ce jardin. Une fois passé l’odorant rideau de plantes grimpantes qui en marque l’entrée, le jardin décline la sauge et le chardon. Auréolé de brume, le visiteur est bientôt invité à savourer le charme serein d’un bassin de nénuphars. Mais de l’autre côté de l’étendue d’eau, les renards le guettent. Amis ou ennemis ? Difficile de le dire.
Un étroit chemin dessine la voie vers un grand trône, celui du roi de la forêt. Un peu plus loin, la voie s’ouvre vers la rive opposée, pour approcher les renards. Entre fascination et anxiété, ce jardin joue avec l’ambiguïté de nos sentiments. A travers la figure du renard, il convoque des émotions contradictoires.
Ce jardin encourage ses visiteurs à s’approcher des renards. Entre l’ombre et la lumière, le bien et le mal, l’ambivalence est partout, comme dans un rêve.

17. Émeraude

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Repère du festival :
 
« Là-haut, là-bas, à portée du regard, tout près jaillit un monde. Qu’habite ce récif de terre ? Je le contourne, en devine des odeurs, des sons, des images, mais il me semble lointain, inaccessible. Je tourne autour et je n’arrive toujours pas à y rentrer, peut-être qu’il n’y a pas d’accès ? Ou la clef n’est pas là où je crois ? »
Entrez dans un monde inconnu. Une fois ses portes franchies, vous voici face à un mur en pisé, lisse, surmonté d’un monde végétal « miniaturisé ». Mais où est le jardin ? Levez les yeux, vous le découvrirez, là-haut : son sol vous surplombe. Des plantes majestueuses sollicitent l’imaginaire : ce jardin, inaccessible, est délicieux de suggestion, mais on ne peut qu’en deviner la beauté.
Ponctuellement, sur votre chemin, des extraits d’une revue scientifique sont affichés sur la palissade. Ils révèlent les secrets des plantes que vous devinez, là-haut, dans le jardin.

18. Sens dessus dessous

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Repère du festival :
  
Le délire n’est-il pas l’héritier de la folie ? Et la Folie... ne nous procure-t-elle pas des instants délicieux, de plaisir et de liberté... d’effervescence ?!
Excentricité, exubérance, imaginaire, délice et démesure coexistent dans ce monde, nous assaillent sans être jamais accessibles que par l’imagination, ou la folie. Vivre ces instants, c’est d’abord connaître le doute, l’inconfort et la difficulté du choix. Sortir des sentiers battus, du cadre et des normes nécessite de pousser certaines portes, d’emprunter d’étranges itinéraires, pour continuer à avancer, à s’initier à la folie.
L’expérience de l’inconnu, du différent, de l’étranger, du hors norme est un impératif en ce jardin. L’immersion y est totale, dans la « folie végétale ». Car il existe un monde, inouï, sublime et délirant dans lequel les fleurs sont géantes, les arbres mystérieux, les plantes envoûtantes…
Ici, plus rien n’est impossible…

19. Jardin des délires délicieux

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Repère du festival :  Volupté, tout n’est que volupté en ce jardin des sens, du plaisir et du désir. Corps et âme, nous y sommes invités à vivre des expériences intimes ou partagées. Il se veut comme le prolongement du logis, une projection fantasmée de la chambre à coucher, avec ses règles, ses normes, ses rituels et leur transgression.
C’est en traversant un verger dense d’arbres fruitiers qu’il est possible d’y pénétrer. A travers ce méandre, on parvient à un espace ouvert sur le ciel. Tout n’est que luxe et raffinement. Au centre, trône le lit à baldaquin, déposé sur un socle de roses rouges, qui convoque  la passion.
Invitation au repos, à la méditation, à la rencontre amoureuse, le lit à baldaquin projette l’intimité du logis dans ce lieu à la fois ouvert et clos qu’est le jardin. La puissance évocatrice d’une végétation, généreuse, sensuelle, flattant les sens, y tient une place essentielle. Les arbres fruitiers côtoient les roses rouges et la vigne vierge, à fleur de peau. Tous les sens sont en éveil.

19 bis. En vert

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Repère du festival :  Le promeneur s’égare dans un monde inversé. Envers. En vert. L’allée sableuse du parc de Chaumont-sur-Loire, l’a guidé, tout naturellement, vers une parcelle ombreuse. Il découvre un parterre foisonnant, il s’immerge dans la verte odeur des feuillages exubérants, étranges, découpés, charnus ou légers. Et aussitôt le monde  bascule.
Quels fruits cherchent ces personnages vêtus de costume noir, la tête plantée dans la végétation, les pieds en l’air posés sur une échelle qui paraît monter au ciel ? Quel chant de la terre écoutent ils ? Quels sont ces arbres, dont les embranchements sortent du sol ?
Trois bornes optiques, vidéo et sonores sont installées au bord de ce monde à l’envers. Le curieux s’approche de l’œilleton. Des viseurs, des lentilles rétablissent le sens commun : voici une chorégraphie immobile, dans un verger aux fruits secrets, cachés dans une riche frondaison.
Le visiteur est dé-placé en situation imagée, en rêve éveillé. Plaisir, malaise. Le basculement ludique interroge sur la relation subjective, mal connue et fragile qui nous lie à notre terre, notre sol, au système nature. La saisissante notion d’équilibre.

20. Delirium tremens

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Repère du festival :  Le jardin du « Delirium Tremens » naît du délire : une scénographie d’ambiances végétales, minérales et animales farfelues... Dans cette invitation insolite à arpenter le sentier des poètes disparus, le regard glisse, malgré lui, entre les lames d’une conscience dissimulant le monde des délices et des délires. La raison s’étiole au contact des plantes interdites, flanche au rythme des planches qui tombent, se dilate dans un rêve onirique de plantes exquises et terribles. Le jardin s’anime en hallucinations visuelles, désorientant, obnubilant les visiteurs qui s’y plongent jusqu’au paroxysme du délire.
L’extravagance des fantasmes enfantins est au cœur de ce jardin, où la mise en scène évoque les divagations chimériques et chamaniques, sur les pas des grands écrivains du symbolisme.  Les associations inopinées de plantes dessinent des élucubrations utopiques, le graphisme chambarde les matières usuelles jusqu’à l’illusion, l’exaltation des sens nous porte jusqu’au déséquilibre et à l’hallucination.

21. Le calendrier des sept lunes

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Repère du festival :  Un calendrier jardin hors normes, régi par les sept lunes de la durée du Festival. Régi par le cycle lunaire, ce jardin dissimule aussi sept lunes, à découvrir... Attention, il faudra bien chercher !
Espace sensoriel et olfactif, ce jardin lunaire est dédié au temps et à la lune, à l’attente, aux jeux et à l’enfance.
A découvrir en un coup d’œil, ou à savourer lune après lune : il est tout à la fois un et multiple. Marquant le passage du temps, l’avancée du cycle, une fenêtre s’ouvre chaque semaine. Tout invite à revenir, pour découvrir les trésors de la semaine suivante... et la suivante encore pendant toute la durée de la saison du Festival. 28 ouvertures sur un croissant de lune et une seule accessible par semaine, grâce à un mécanisme délirant, qui rend délicieux le moment de la surprise. 28 cabinets de curiosités, qui ont une vie propre cachée, puis découverte, pour le plaisir de tous.

22. Les Chrysadélires

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Repère du festival :
 
« Prenez garde, ne vous éloignez pas trop des sentiers battus, le jardin dans lequel vous entrez a été investi par des bêtes géantes. Elles ont tissé leurs toiles à travers cette jungle foisonnante. Ne vous approchez pas trop d’elles ! Vous risquez de tomber dans un sommeil profond et délicieux, si vous vous lovez entre leurs pattes. »
Enchanté après avoir croqué une tomate magique, celui qui entre en ce jardin rapetisse et se retrouve dans un monde d’insectes. Ils ont été pétrifiés et leurs toiles ont été colonisées, petit à petit, par une étrange végétation. A la fois luxuriantes et potagères, les plantes envahissent l’espace, elles grimpent partout. Leurs feuilles sont énormes, leurs fleurs et leurs fruits poussent à foison.
Cette jungle est accompagnée de deux chrysalides, sortes de chaises longues jumelles, invitant à la discussion, au repos et à la contemplation du jardin, sous la lumière tamisée des lattis. Le contraste se dessine entre un jardin potager envahissant et une chrysalide protectrice.

23. Fruit de l'imagination

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Repère du festival :  La conception du jardin fait écho au Fengshui (vent et eau). Au sud, des formes rectangulaires aux couleurs soutenues et contrastées symbolisent la terre et sont placées à l'entrée du jardin. Au nord, des formes  circulaires aux tons plus doux caractérisent le divin qui est l'espace de destination, lieu du ravissement délirant et délicieux. Ici le fruit est envisagé tant dans une acception littérale par des formes et variétés végétales méconnues en Europe, plus communes en Asie, que dans l’évocation de l’imaginaire.
On entre donc dans ce jardin par une avant-cour « terrestre » située au sud marquée par la géométrie et l’intensité soutenue des contrastes chromatiques foncés et colorés du végétal et du sol puis, on franchit un premier seuil, et l’on passe dans un espace de transition clos et carré, entre terre et divinité. On accède enfin au nord à un espace céleste délicieux et délirant, en franchissant une nouvelle porte. Là, différentes chambres végétales s’inscrivent dans des courbes qui invitent à une découverte progressive et surprenante du monde divin  parsemé de formes animales, humaines et végétales délirantes. 
A la périphérie de cet espace divin, une étendue de choux, d’alyssums, d’euphorbes aux feuillages verts et blancs évoque une mer de nuages.
Depuis les allées, des fenêtres et des filtres visuels offrent aux adultes et aux enfants des points de vue privilégiés sur cet univers singulier : des fruits étonnants, des feuillages géants, des visages et silhouettes intrigants, etc.
Des bains de soleil rouges, en référence aux divans des psychanalystes, sont disposés à proximité de miroirs permettant aux visiteurs de se poser et de se mirer dans ce lieu  particulier.
Le visiteur peut ensuite retourner vers l’espace terrestre et continuer la visite des autres jardins.

24. Le jardin de la bière

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Repère du festival :
 
Toutes les composantes de la bière, cette boisson si populaire, sont cultivées dans ce jardin. Champ d’orge, couloir de houblon, riante fontaine composent une saisissante harmonie végétale. Au fil des mois, le temps fait son œuvre, et c’est, d’avril à octobre, tout le cycle de la culture qui nous est révélé. Les végétaux mûrissent, font varier leurs couleurs et seront à l’automne prêt pour la récolte.
Au fond du jardin, une jarre de levure est posée sur une grande table. La modeste quantité de levure contenue suffirait à transformer tout le contenu du jardin en quelque deux cents litres de bière ! Ainsi, une fois le Festival terminé, alors que le souvenir perdure dans les esprits, le « Jardin de la Bière » pourrait-il offrir une continuité à ce délire.
Le « Jardin de la Bière » c’est ainsi non seulement un retour sur les origines de la bière, mais aussi une petite leçon de patience et un hommage au pouvoir de la simplicité dans le design et la botanique.

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Dans le Parc du Goualoup

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Repère du parc : Les Prés du Goualoup sont d’abord un nouveau parc de 10 hectares permettant aux visiteurs du Domaine de s’imprégner plus profondément de l’esprit si particulier de Chaumont-sur-Loire, avec notamment d’extraordinaires perspectives sur le Château et le paysage, recréées par Louis Benech.
Les Prés du Goualoup seront aussi le lieu de création de nouveaux jardins. Ces jardins pérennes prendront progressivement place, avec le temps, dans le Parc, dans les parcelles de 1 000 m2 dessinées par Louis Benech et auront partie liée avec les grandes traditions du jardin dans le monde.


Les bancs délirants de Pablo Reinoso

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Repère du parc : Sculpteur à l'origine, mais foncièrement artiste, Pablo Reinoso pratique son art de diverses façons depuis son plus jeune âge. Il travaille par séries qu'il parcourt, triture, fouille, en explorant des univers et des matériaux différents.
Avec l'œuvre présentés ici dans le Domaine de Chaumont-sur-Loire, Pablo Reinoso poursuit une série de bancs commencée en 2009 : les Scribbling Benches. Le point de départ ne part plus d'un banc anonyme, ni d'une chaise iconique, mais d'un matériau : une poutrelle en acier. C'est l'inattendu du lourd, voué à structurer l'architecture, qui se tord comme un fil pour créer un banc et dessiner des espaces légers, transparents, contemplatifs.
Ayant fait des études d'architecture, mais touche à tout curieux et souvent autodidacte, Pablo Reinoso a toujours navigué entre les disciplines : sculpture, photo, architecture, design, comme autant de manières de lire le monde et de dialoguer avec lui, comme autant de manières de créer et de répondre à des défis.


L'arbre aux fruits célestes" de Shigeko Hirakawa

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Repère du parc : Les Prés du Goualoup, 10 hectares de parc nouvellement redessinés par Louis Benech, deviennent l'écrin d'une végétation insolite. Le feuillage des arbres y prend des teintes tour à tour blanches, roses, violettes. Féériques, ces fruits lumineux sont en fait des fruits artificiels imaginés par l'artiste Shigeko Hirakawa. Installés dans les arbres, ils contiennent un pigment photochromique qui devient violet à la lumière du soleil. Privées de luminosité, ces fleurs ou feuilles artificielles perdent leur couleur pendant la nuit. Cette évolution est également perceptible au fil des saisons, l'intensité lumineuse variant d'un mois à l'autre. A l'origine de cette création, emblématique du travail de l'artiste, se trouve une réflexion d'ordre écologique. Certaines études montrent en effet que les arbres souffrent d'une défoliation supérieure à 25% par les effets de la pollution et que certains spécimens affichent une décoloration de leur feuillage supérieure à 10%. Tout en fascinant par leur beauté, les interventions de Shigeko Hiragawa permettent de pointer cette évolution, consécutive à l'impact négatif de l'homme sur une nature qui le fait pourtant rêver. 

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Dans le Parc du Château

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Projet artistique de Patrick Dougherty

Cabane-tressée

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Repère du parc : Dans le Parc du Château de Chaumont-sur-Loire, Patrick Dougherty dessine des formes à la fois aériennes et végétales. Monumentales, profondément inspirées par le lieu, elles interpellent les visiteurs, aux détours des bosquets, par leur allure mi-naturelle, mi-architecturale. Leurs parois courbes sont faites de délicates branches de saule tressées, et ménagent pour les promeneurs un entre-deux-mondes onirique au cœur de la nature. Sans s'imposer, ces sculptures s'immiscent dans le paysage, mais ne manquent pas d'interpeller l'imaginaire. On peut les croire construites par des cohortes d'oiseaux, dressées par des rongeurs ambitieux ou portées par les vents. Par ce geste tout à la fois discret et de large envergure, l'artiste engage un jeu avec le spectateur, l'amenant tour à tour à rêver le monde qui l'entoure tout en pensant à la nature qui l'habite.

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Le jardin des méditations de Erik Borja

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Repère du parc : Concept imaginé dès le 13ème siècle par les moines bouddhistes ZEN pour la pratique de la méditation, ce type de jardin propose une interprétation stylisée et symbolique de la Nature où montagnes et eaux se conjuguent. Ici, évocation métaphorique du fleuve Loire qui prend naissance dans les monts volcaniques du massif central pour s'écouler jusqu'à l'océan, figuré par la surface de gravier ratissé.

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L'arbre aux échelles de François Méchain

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Repère du parc : Référence au roman d'Italo Calvino, « Le baron perché », dont le héros se réfugiait dans les arbres pour échapper aux contraintes de la vie ordinaire, « L'Arbre aux échelles » de François Méchain est une invitation poétique à regarder le monde d'un autre point de vue, de plus loin, de plus haut. Dans le Parc du Château, il déroule une multitude d'échelles sur un seul et même arbre. Suspendues à quelques mètres du sol, elles oscillent légèrement avec le vent et forment avec l'arbre une structure vivante, évoluant selon les saisons.

Toi(t) à terre de Rainer Gross

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Repère du parc : Sculpteur allemand vivant à Bruxelles, Rainer Gross a conçu, depuis quelques années déjà, un dyptique de bois, inspiré des formes du donjon du Château de Chaumont-sur-Loire. La position inversée ou couchée des œuvres marque la conscience qui est la sienne de la force et de la fragilité des œuvres de l'homme face au temps et aux aléas de l'histoire.

Le chemin de Diane de Dominique Bailly

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Arbre de pierre de Guiseppe Penone

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Repère du parc : Dans les allées du Parc, au cœur d'un bosquet secret, Giuseppe Penone dessine un parcours poétique et subtil. A travers de petits éléments, fragments de pierre, sculptures de bronze, il « sème des idées, des pensées, des travaux à venir ». Ce sont des surprises, souvenirs laissés dans le tronc d'un tilleul, dans un bosquet, sur l'un des arbres remarquables du Domaine, comme s'il « s'agissait d'une greffe » qu'il aiderait à se transformer, rendant ainsi la forêt active, féconde et parlante. Car « la forêt nous parle de la forêt mais, en parlant de la forêt, elle nous parle de l'homme ».


Spirale végétale de Patrick Blanc, dans la cour des Écuries

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Repère du parc : Inventeur des murs végétaux, Patrick Blanc propose dans la cour des Écuries du Château, une création inédite à Chaumont-sur-Loire. Feuille géante s'enroulant sur elle-même jusqu'à constituer une grotte secrète, ouverte vers le ciel.

Le jardin de sorgho de Michel Blazy

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Repère du parc : S'il est l'apanage de la sorcière, le balai est aussi celui de la ménagère, l'objet trivial du quotidien. Fait de bois et de paille, ne serait-il pas un fragment de nature arraché aux prairies pour finir dans nos cuisines ? Dans les mains de Michel Blazy, cet outil est rendu à un hypothétique état de nature : à Chaumont-sur-Loire, plantés dans le sol, des centaines de balais semblent prendre racine. Sur leur tête de paille, les graines de sorgho germent, se développent et dialoguent avec de gigantesques fleurs artificielles et moussues, poussant dans un bassin ombragé à deux pas. Un bouillonnement végétal qui côtoie les buissons du jardin potager alentour. Livrée au gré du processus naturel de germination, cette œuvre évolue et se transforme au fil de l'exposition selon le « laisser-vivre » cher à Michel Blazy. En se développant, les pousses redonnent vie aux balais. Et c'est ainsi que le sorgho redevient jardin.

Jardin-de-Sorgho

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Le saviez-vous

Repère :

Le Domaine de Chaumont-sur Loire, en bordure de Loire, dans une zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, a acquis une reconnaissance qui dépasse largement l'exagone avec plus d’une cinquantaine d’artistes contemporains internationaux déjà accueillis et un festival des jardins dont la renommée attire des centaines de postulants du monde entier.

Désormais labellisé Centre culturel de rencontre et Jardin remarquable, Chaumont, avec une ouverture 365 jours par an, espère atteindre en 2012 les 415.000 visiteurs.

Fin-Chaumont-2012

Domaine de Chaumont-sur-Loire
41150 Chaumont-sur-Loire
Tél. : 02 54 20 99 22
Fax : 02 54 20 99 24

Site internet : www.domaine-chaumont.fr/


Catégorie: • DECOUVERTES de PARCS & JARDINS - Tags: , , , , , - Commentaires [4] - Billet édité le 03 septembre 2012 par
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Commentaires sur: Jardins délicieusement délirants, un peu, beaucoup, à la folie...

    eh bien , ils ne manquent d'imagination tous ces jardiniers ; lol ,parfois c'est meme un peu trop délirant à mon gout mais c'est bien sympa en tous les cas ..

    Posté par Framboise44, 03 septembre 2012 à 09:19 | | Répondre
  • j'adoooooooooooooooooooooooore ! ... Et une fois de plus tu me fais regretter de n'avoir pu y aller qu'une seule fois il y a très longtemps.

    Posté par LesTestsDeSophie, 03 septembre 2012 à 21:19 | | Répondre
  • C'est magnifique ça donne envie de si promener et de rêver!!!bonne soirée!!!

    Posté par natur'art aline, 20 septembre 2012 à 20:16 | | Répondre
  • magnifique il n'y a pas de mot pour décrire toute cette imagination bravo a tout ces artistes. Viviane des Vosges (pépiniériste
    arboricole)

    Posté par viviane, 09 août 2013 à 18:47 | | Répondre

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