Adaptation de nos jardins à l'évolution climatique - Chapitre 5
LES JARDINS, VÉRITABLES POUMONS VERTS DE NOS VILLES
Espaces où l’on oublie le bitume…
Partout dans le monde, les architectes travaillent à concevoir la ville de demain où les plantes intégrées aux architectures chauffent ou refroidissent le bâtiment, nourrissent les hommes et procurent un habitat pour les animaux. Aujourd’hui plus encore, les jardins en ville sont un territoire d’imagination pour créer le monde de demain.
Les parcs et jardins publics deviennent des enjeux écologiques pour les villes, ont désormais le statut de poches de préservation de la biodiversité, encouragent à l’interdépendance des plantes, convergent dans une même éthique avec les jardins privés, pionniers dans le changement de comportement(s).
Les effets néfastes engendrés par les changements climatiques font se rejoindre les objectifs des jardins privés et publics dans une lutte commune : mesures de préservation de l’eau, lutte contre la sécheresse et la chaleur, adaptation des espèces végétales, car heureusement, il existe de nombreux végétaux qui se contentent de peu d’arrosage en été. Les plantes qui supportent la sécheresse sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense, et ce ne sont pas forcément des plantes méditerranéennes ou des cactées provenant de régions désertiques !
Les bouleversements climatiques en cours entraînent des phénomènes aux conséquences non négligeables au jardin d’ornement et surtout au potager (mais pas seulement…), phénomènes qui vont en s’aggravant : faudra t’il s’y habituer ? Dans ces conditions quel jardin envisager ?
I - MODIFIER LES PRATIQUES DE JARDINAGE FACE À L’AMPLITUDE
DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ACTUELS
Hiver doux, printemps atypique, fortes gelées tardives, sécheresse, pluies torrentielles, crues dévastatrices, orages, vents violents, grêle, etc… perturbent fortement, voire anéantissent les habituels repères calendaires de semis, plantation, fleurissement, fructification et montée à graines.
Conséquence, le jardinage, pratique ancestrale fruit de siècles d’observations et d’expériences, est devenu quelque chose d’aléatoire, soumis aux caprices du climat (alors qu’avant il n’était soumis qu’aux caprices de la météo, ce qui est une différence de taille). C’est ainsi que sont parfois mis en défaut les dictons et proverbes qui jusqu’alors ont rythmé les gestes des jardiniers, compliquant énormément leurs façons de faire traditionnelles. C’est particulièrement le cas au printemps.
Quant à l’été, autrefois «la saison» du jardinier, c’est hélas devenu la saison la plus contraignante dans nos contrées (aussi bien pour les plantes que pour les personnes d’ailleurs !)
Alors que faire, car nous allons devoir modifier nos anciennes pratiques issues du temps d’un climat plutôt stable, respectueux de saisons assez régulières et de l’abondance d’une eau abordable ?
Nous savons tous que le jardinage n’est pas une science exacte, que pour faire face à ce qui se profile il va nous falloir adopter une attitude « d’explorateur/expérimentateur », ne pas se laisser décourager par des essais où on se sera « planté », au contraire vivre avec joie ceux qui auront bien marché, et dans tous les cas avoir le plaisir d’en partager autour de nous les bons et les mauvais résultats puisqu’au vu des perturbations climatiques, nous sommes embarqués dans cette aventure pour quelques années !
Certes, ce ne sera pas chose facile tellement sont ancrées en nous nos habitudes, mais aurons-nous le choix si nous voulons pérenniser nos jardins, source inestimable d’équilibre et de bien-être, facteurs indispensables à notre bonne santé…
Désormais et de façon très paradoxale, nous allons devoir :
- DÉSAPPRENDRE LE JARDINAGE : c’est à dire ne plus tenir compte d’une bonne partie de ce que nous avons appris en matière de dates de semis et de plantations, de types de légumes et de variétés ornementales à cultiver.
- RÉAPPRENDRE LE JARDINAGE : c’est à dire retrouver les méthodes de nos ancêtres qui leur ont permis de s’en sortir pendant des siècles, observer et réfléchir pour tester de nouvelles méthodes et adopter celles qui se seront révélées efficaces.
Tel est sans doute l’enjeu qui se pose aujourd’hui au jardinier soucieux de continuer sa pratique !
II – L’ART DE LA PLANTATION
Les chapitres précédents ont mis en avant ou rappelé ce que l’on nomme « les bonnes pratiques du jardinage », que sont les moyens de lutte contre la canicule et la sécheresse, la bonne gestion de l’eau, les soins du sol, les conditions d’une biodiversité bénéfique, facteurs qui constituent le brevet de survie de nos jardins.
Garder à l’esprit les mots de Gérard JEAN, créateur de l’extraordinaire jardin du Pellinec, labellisé remarquable : « A chaque terre sa plante heureuse, c’est ma règle de base » sans oublier que « les plantes prennent de nombreuses initiatives imprévues » car nous avons affaire à du « vivant »…
CONDITIONS DE VIE DANS LES ZONES SÈCHES ET ENSOLEILLÉES
C’est bien évidemment en plein soleil, en situation dégagée que l’on trouve le plus d’emplacements très secs. Contre les murs des maisons ou à proximité des terrasses, la chaleur très intense accumulée dans les matériaux, accélère le dessèchement des plantes.
Dans les régions au climat doux, les plantes méditerranéennes (cistes, laurier rose, etc…) sont de bonnes solutions, mais s’il survient des hivers froids, il faut opter pour des plantes plus rustiques.
PARTIE AÉRIENNE :
On ne se trompera pas en adoptant des plantes au feuillage gris et laineux, résultat d'une adaptation naturelle à la chaleur et aux sols secs.
Les arbustes dotés de feuilles aromatiques et plus généralement, les plantes ayant des petites feuilles ou des feuilles composées de minuscules folioles sont plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse comme le thym, le romarin, la lavande, l'helichrysum, l'épiaire laineux,...
D'autres plantes ont développé leur propre stratégie anti sécheresse et chaleur : Feuilles charnues gorgées d'eau chez les Bergénias, les succulentes (joubarbe, sédums, écheveria,...), feuilles devenues aiguilles chez les conifères et les cactées, feuilles coriaces (aspect cuir) et vernissées chez les houx, feuilles plates et rigides chez les iris,...
BON A SAVOIR :
- Plus que jamais, l’automne est la meilleure période de plantation, exception faite de certaines graminées et des plantes dont le collet ne supporte pas l’humidité hivernale.
- Les plantes résistantes à la sécheresse se caractérisent par un système racinaire très profond qui s’installe en quelques semaines pour les vivaces et en 2/3 ans pour les arbustes et les graminées
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PARTIE SOUTERRAINE :
Il existe différents types de systèmes racinaires, dont la forme dépend du type de plante mais aussi du type de sol, de sa composition et des nutriments qu’il recèle, dont voici les plus courantes :
- Racines en pivot : s’enfoncent verticalement dans le sol, développent des racines secondaires latérales, créant ainsi un ancrage particulièrement efficace (chêne, pivoine herbacée, pissenlit…)
- Racines traçantes : se développent à l’horizontale sous la surface du sol - souvent des tiges et des racines complémentaires apparaissent qui donnent naissance à une nouvelle plante (bambous, lilas, mimosa, aster, muguet, romneya coulteri, certaines plantes couvre-sol, chiendent…).
- Racines adventives : se forment sur les tiges à partir d'un nœud (tomates, maïs..), sont souvent complémentaires d'un autre type de racine : chez certains lys elles apparaissent dans la partie enterrée des tiges au-dessus du bulbe (lui-même à l'origine des racines), chez toutes les plantes multipliées par bouturage de tige, et chez celles dont les tiges rampantes s'enracinent (menthe, pervenche...) ou émettent des stolons (fraisiers).
- Racines des bulbes, rhizomes, oignons, tubercules, etc…: se développent à la base de la partie charnue souterraine, appelée «plateau». Cette partie charnue constitue le « garde manger » des futures tiges, feuilles et fleurs.
PLANTATION DES VIVACES, ARBUSTES ET ARBRES :
La meilleure période de plantation se situe entre fin novembre (à la fameuse Sainte Catherine !) et fin janvier ; la partie aérienne est en repos mais les racines continuent à pousser, ce qui leur permet de bien s’installer avant les grands froids.
Avant toute chose, pour les petits godets, faire tremper le pot jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles d’air qui remontent en surface, démêler les racines surtout si elles sont enroulées en «chignon» que l’on désentortillera soigneusement à l’aide d’une fourchette. Si elles sont très longues, il sera alors judicieux de les raccourcir d’environ 1/3. Pour les grands pots et pour s’assurer une bonne reprise, il est recommandé de « praliner » les racines : dans un grand récipient, faire un mélange d’eau, de terre et de bouse de vache ou de fumier de cheval bien décomposé, bien remuer pour obtenir une boue un peu épaisse, y plonger les racines pendant quelques heures pour qu’elles soient bien enrobées et pas au contact de poches d’air lors de la plantation.
Alternative au pralinage pour les plantes à racines nues ou pour les arbustes en très gros conteneurs : installez la plante dans un trou de dimensions appropriées et remplissez un tiers ou la moitié avec la terre mélangée à du compost maison puis noyez généreusement jusqu’à remplir le trou. Quand l’eau s’est absorbée par le sol, finir de remplir le trou avec la terre sans tasser puis arrosez avec 10 bons litres d’eau.
Pour accélérer la progression des racines il faut creuser un trou large et profond adapté à la motte, bien ameublir la terre, y incorporer du compost maison que l’on aura humidifié (excellent rétenteur d’eau), ou un peu de fumier bien décomposé ou une pelletée d’un mélange de corne broyée et de sang séché. Planter solidement un tuteur où attacher arbres et arbustes qui résisteront au vent et pousseront bien droits, cela favorisera aussi la stabilité des racines.
Placer la plante dans le trou de façon esthétique, en étalant bien ses racines afin qu’elles se positionnent dans la bonne direction et atteignent rapidement une bonne profondeur qui les protègera de la sécheresse. Veiller à ne pas enterrer le point de greffe ni le recouvrir de paillis.
Arroser copieusement, et terminer par une bonne couche de paillis adapté à la plante afin de conserver l‘humidité du sol.
PLANTATION DES BULBEUSES DE SOLEIL :
- Origine : en majorité bordure méditerranéenne, Europe orientale, Caucase, Asie Centrale...
- Climat d’origine : alternances de températures, d’humidité hivernale à la «cuisson» estivale.
- Plantation : respecter les profondeurs de plantation selon la hauteur du bulbe fleuri (cf doc ci-dessous « Schéma de Plantation des Bulbes »)
- Sol : léger, très drainant, caillouteux, ajouter sable/gravier en fond de tro pour éviter le pourrissement du collet et du bulbe par humidité hivernale
- Arrosage : non pour les bulbes printaniers en repos en été (reconstitution des réserves)
- Feuillage : ne pas couper avant complet jaunissement (reconstitue les réserves du bulbe)
- Paillage : de préférence minéral (protège le collet de l’humidité en hiver)
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Floraison printanière :
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Floraison estivale :
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Moins de 10 cm : Anémone, Convallaria (Muguet), Crocus, Perce-neige, Scilla Sibirica et Renoncule. Entre 10 et 20 cm : Jacinthe, Muscari armeniacum, Narcisse rocaille, Camassia, Iris de Hollande, Narcisse grande fleur, Scilla campanulata et Tulipe botanique. Plus de 30 cm : Fritillaire impérialis et Tulipes... |
Moins de 10 cm : Bégonia, Canna nain, Cyclamen et Dahlia nain. Entre 10 et 20 cm : Eucomis, Freesia, Canna haut, Dahlia, Glaïeul, Montbretia et Zantedeschia aethiopica Plus de 30 cm : Nerine, Tigrida, Agapanthus et Lys.
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III – ARBRES ET ARBUSTES FACE AUX GRANDS VENTS ET TEMPÊTES…
Depuis quelques années le changement climatique se manifeste également par des coups de vent plus fréquents et plus forts qui peuvent être destructeurs pour les végétaux : jeunes feuilles arrachées, branches cassées, déracinement parfois, évapotranspiration décuplée, terre asséchée, froid et sécheresse accentués... Difficile pour nombre d'entre eux de se développer correctement dans ces conditions, et cela devient de plus en plus fréquent, hélas.
On parle de « tempête » lorsque les vents atteignent une vitesse supérieure à 90km/h, parfois accompagnés de fortes pluies et d’orages, cocktail qui peut faire des dégâts considérables.
Pour affronter les tempêtes hivernales, les plantes doivent offrir un minimum de prise au vent afin qu’il les traverse sans avoir à forcer sur les branches ou le tronc. Les plantes caduques offrent moins de prise en perdant leurs feuilles dès l’automne. Certains végétaux ont adopté d’autres techniques : feuilles de petite taille, vernissées ou recouvertes de poils, port en boule ou rampant, système racinaire profond, tronc extrêmement rigide ou au contraire, bois et tiges souples...
TAILLE DE TRANSPARENCE
La taille de transparence consiste à tailler un arbre ou un arbuste de l'intérieur sans dénaturer son port naturel, la forme de sa couronne ou son volume externe. Elle respecte la nature même de l'arbre et met tout simplement sa structure en valeur. Utile, elle préserve la santé des plantes taillées et leur redonne de la vigueur. Assez facile, elle ne demande qu’un bon sens de l’observation, du discernement et des outils bien affûtés.
C’est la Princesse Greta Sturdza, passionnée de plantes, qui après de longues années d’observation, mit cette technique au point dans son remarquable Jardin du Vastérival, afin de laisser passer la lumière mais aussi la pluie à travers les bosquets et les massifs permettant ainsi de limiter les attaques parasitaires, d'assurer une bonne ventilation, de favoriser la régénération des plantes et leur vigueur.
Les arbres taillés en transparence sont plus résistants au vent et aux tempêtes. En effet, le vent circule au travers l'arbre dénué de ses branches inutiles au lieu de se heurter à une masse de feuillage et de branchage, ce qui pourrait l’endommager. En outre, cette technique permet une meilleure résistance aux intempéries (vent violent, poids de la neige sur les branches...) car seules les branches charpentières et saines sont conservées. Les parties fourchues, abîmées ou mortes sont supprimées, laissant place à des branches vives, saines et prêtes à supporter le poids des saisons en toutes circonstances. En hiver, c’est aussi un merveilleux faire-valoir des écorces colorées, striées, qui se desquament.
Sur les arbustes et arbres fleuris, les fleurs sont bien mieux réparties, plus facilement observables.
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Dominique Cousin auteur de « La taille de transparence
et autres tailles simples des arbres et des arbustes »
en perpétue toujours la technique au Vastérival.
IV – FOCUS SUR 2021, ANNÉE DE FORTS CONTRASTES EN FRANCE
Les événements météo remarquables en 2021
(Source Météo France : Une année de forts contrastes en France)
- Des précipitations très abondantes en début et fin d’année générant des crues et des inondations très importantes sur le Sud-Ouest.
- Une fin d’hiver et un début de printemps marqués par des pics de douceur accompagnés de remontées de sable saharien avec un mois de février très doux malgré un épisode hivernal assez marqué sur une grande moitié nord du pays du 7 au 14.
- Un épisode de gel tardif remarquable en avril.
- Un début d’été très arrosé en juin et juillet au troisième rang des plus pluvieux sur la période 1959-2021.
- Un automne marqué par des épisodes méditerranéens intenses et deux épisodes pluvieux remarquables dans l’Agenais début septembre et dans le Pays nantais début octobre
- Enneigement remarquable sur les Pyrénées début décembre.
- Une fin décembre exceptionnellement douce du 24 au 31 avec des records du 29 au 31.
4.1 – AVRIL 2021, MOIS DE TOUS LES DANGERS : ÇA PASSE OU ÇA CASSE…
Des températures contrastées
« Les températures ont été très contrastées tout au long de l’année alternant entre pics de fraîcheur et de douceur. Des records de froid ont ainsi été enregistrés mi-janvier et mi-février.
La fraîcheur a ensuite dominé durant le printemps avec de fortes gelées tardives en avril et un mois de mai en moyenne plus de 1°C en dessous de la normale. En revanche, des records de douceur ont été battus fin février et fin mars. Fin mars 2021, la France connaissait une douceur exceptionnelle : le 31 mars fut même la journée la plus chaude jamais mesurée en mars. Mais quelques jours plus tard, c’est le froid qui se fit remarquable : tout début avril, des gelées quasi généralisées tombaient sur les deux-tiers nord de la France, affectant particulièrement les régions du Bassin parisien au Val de Saône. La nuit du 7 avril 2021 fut ainsi un des plus froides depuis 75 ans. Les végétaux, les vignes et arbres fruitiers particulièrement, poussés à la floraison précoce par la chaleur de mars, subirent des dommages parfois irréversibles.».
Quelques mois plus tard, les conséquences en ont été désastreuses sur les récoltes fruitières et potagères, les floraisons détruites ayant dramatiquement réduit les fructifications…
En cause : le réchauffement climatique.
« Si cet épisode de gel est inédit par son ampleur géographique et son intensité, il n'est pas pour autant atypique, estime Christine Berne, climatologue chez Météo-France, spécialisée dans le suivi climatique. « Le printemps est une saison de transition, analyse-t-elle, il s'accompagne de gelées tardives et de chaleurs précoces. »
L'orientation des flux ou des vents peut ainsi provoquer des changements de température importants.
Pour certains scientifiques, la multiplication de ces épisodes de gel est bien à chercher du côté du réchauffement climatique. « Les différences de températures se réduisent entre la zone polaire et les moyennes latitudes », analyse Thierry Castel, chercheur associé dans l'équipe de climatologie du laboratoire Biogéoscience et enseignant à Agrosup Dijon.
Cette réduction de l'écart de température entre le Pôle Nord et l’Équateur impacte le « jet stream », un courant d'air qui sépare l'air froid de l'air chaud, qui se déforme. « À cause de cela, nous faisons face à des descentes d'air froid et des remontées d'air chaud plus importantes », avance-t-il. Cette théorie fait actuellement l'objet d'études, et soulève certaines incertitudes.».
(étude menée par un groupe international de scientifiques de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (issus du CNRS et CEA), de l’Institut météorologique royal des Pays-Bas, de l’université d’Oxford, de l’Institut Max-Planck de bio-géochimie d’Iéna et de Météo France).
QUE FAIRE FACE AUX GELS TARDIFS ET SOUDAINS ?
Lorsqu’une vague de froid est annoncée, ce sont toutes les plantes d'extérieur qu'il faut protéger car beaucoup ne résistent pas quand le thermomètre passe les -10°C. Moyens de protection à adapter selon les plantes, la durée et l’intensité du gel.
PLANTES EN POT
- Les plus fragiles : à rentrer à l’intérieur (attention au choc thermique des températures !).
- Les moins fragiles : à mettre à l’abri en local hors gel.
- Celles qui restent dehors : si possible les placer contre un mur à l'abri du vent (cinglant et glacé, il abîme les feuilles, affaiblit les branches), entourer pot et plante d’un voile d’hivernage
- S’il neige recouvrir les plantes les plus fragiles sous un voile d'hivernage ou géotextile ou sous une cloche, mais pas sous un sac plastique : les végétaux risqueraient de mourir à cause de la condensation et des moisissures. A retirer quand le temps se réchauffera.
- Pailler les pots (cela protège les racines et nourrit les plantes), vider les soucoupes où l’eau va geler
- Avant une vague de froid, arroser les plantes l’après-midi s’il y a un rayon de soleil : froid et vent dessèchent la terre et contrairement à ce qu’on peut penser, il est important que les plantes n’aient pas soif
PLANTES DANS LES MASSIFS ET LES PLATES-BANDES
- Tout comme enfiler un pull quand il fait froid, il faut ajouter une bonne quantité de paillis pour protéger le sol des variations soudaines de température : en couche de 5/10 cm d’épaisseur, utiliser de la paille, du BRF, des copeaux de bois, des feuilles, etc… qui formeront une isolation efficace du système racinaire.
- Protéger les petites plantes avec des cloches en plastique ou en verre qui les réchaufferont au moindre rayon de soleil.
- Autour des vivaces les plus fragiles ou récemment installées, des cloches en osier ou en grillage à remplir de feuilles ou de paillis, maintenues contre le vent par 2/3 piquets solidement plantés. Utiliser de la même façon de vieilles carcasses d’abat-jour (lampadaires notamment).
- Cages et cloches à retirer quand le temps se réchauffera.
- Suivant le même principe, les arbustes seront bien protégés par une cage en grillage adaptée à leur taille ou enveloppés par un voile d’hivernage de plusieurs épaisseurs.
Enfin, ne pas oublier de protéger tuyaux et robinets du gel…
4.2 – JUILLET 2021 « SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT » ?
EN FRANCE, PAS VRAIMENT !
(Source Météo France : Une année de forts contrastes en France)
Des précipitations hétérogènes
« Les précipitations ont été également très hétérogènes. Après un mois de janvier bien arrosé, les pluies ont été déficitaires jusqu’en avril avec un déficit proche de 50 % en mars et avril.
À l’inverse, la fin du printemps et le début de l’été ont été bien arrosés avec 15 à 20 jours de pluie sur une grande partie de l’Hexagone en mai et un excédent pluviométrique de 50 % en juin etjuillet. Les passages perturbés ont été plus rares ensuite et les pluies déficitaires jusqu’à la fin de l’automne, le déficit dépassant 30 % en août et en novembre.»
AILLEURS, DANS LE MONDE…
Le mois de juillet 2021 est le plus chaud jamais enregistré sur Terre depuis 1800. Il est également représentatif des effets du changement climatique.
V – CONCLUSION
Avec l’article des « Entreprises du Paysage » en date du 27 juillet 2021 mentionné ci-dessous, la boucle est bouclée : on revient au tout début de ce 5ème chapitre….
Hélas, on peut déplorer que la plupart des nombreux programmes immobiliers qui « fleurissent » actuellement nos villes, n’octroient la plupart du temps qu’un espace dérisoire à une pseudo « zone verte » au regard de la surface construite.
Si on y ajoute, en règle générale, la double méconnaissance des architectes urbains des végétaux adaptés à la ville et le rôle primordial de la captation du carbone par les grands arbres (les premiers à être sacrifiés dans les programmes qui détruisent d’anciens jardins privés !), l’urgence à faire évoluer la projection de la vie en ville par cette profession et nos élus va devenir critique dans un avenir très proche ….
A ce sujet, je vous invite à prendre connaissance de l’article paru en juillet 2021 :
Dérèglement climatique
Le végétal comme bouclier durable contre les effets du dérèglement.
°°°0°°°
Rendez-vous dans les chapitres précédents...
à lire et à relire !
1 - INTRODUCTION ET PRÉSENTATION DE L'ENQUÊTE par Jocelyne
2 - LE CHANGEMENT CLIMATIQUE par Stéphane
3 - LES FONDAMENTAUX DU JARDINAGE par Jacky
4 - LA BIODIVERSITÉ par Patrick
5 - VERS DE NOUVELLES PRATIQUES... par Sylvie
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